Comme toutes les autres régions françaises, l’Auvergne retient son souffle à l’approche des élections américaines du 4 novembre prochain. Croire que le résultat du scrutin et l’avènement d’un nouveau locataire à la Maison Blanche n’influera en rien sur la vie des auvergnats serait inexact. Les Nations du Monde entier n’ont peut-être jamais été aussi dépendantes les unes des autres et les liens ambigus tissés entre Europe et États-Unis ne constituent plus un secret pour personne. Mais surtout, l’élection américaine intervient dans un contexte international trouble que seules la concertation et l’ambition commune pourraient apaiser. L’évolution future de la crise financière que nous connaissons – et dont les conséquences économiques affecteront concrètement les ménages des pays industrialisés – dépend en partie de la politique américaine sur le plan intérieur et sur le plan des affaires étrangères. Les politistes tendent à estimer que l’image affichée par le nouvel élu produira une réelle influence sur les marchés boursiers et sur l’économie en raison des attentes diplomatiques et de la part d’interventionnisme que le prochain Président incarnera. Pourquoi parler d’image et non de mesures véritables ? La période dite du lame duck qui repousse à janvier la passation de pouvoirs va neutraliser l’espace de plusieurs semaines la vie politique américaine alors même que le temps presse, que chaque jour et que chaque décision comptent pour restaurer l’équilibre financier de la Planète.
Les citoyens américains mettront quoi qu’il en soit un terme à huit années de présidence Bush. John McCain, qui fit souvent figure de rebelle dans son propre camp, ou Barack Obama, sénateur démocrate à qui la comparaison avec Kennedy sied particulièrement (au moins en termes de charisme) aura pour mission de redresser un pays ultra-déficitaire et au bord du déclin. Dans cette optique, il lui sera impossible de négliger le dialogue avec l’Europe et de mépriser l’esprit de concorde, comme put le faire en d’autres circonstances George W. Bush, lors du conflit irakien en 2003.
L’Union Européenne s’est efforcée de prendre la crise à bras-le-corps, surmontant les réticences d’États membres peu enclins à une intervention publique (il fallut convaincre une très réticente Mme Merkel) et « jouant collectif » avec l’instauration d’un dialogue et l’ébauche de solutions durables avec les autres puissances mondiales. On ne pourra guère reprocher au président Nicolas Sarkozy, dans son costume de leader de l’Union endossé jusqu’au 31 décembre prochain, et à José-Manuel Barroso de rechercher un consensus mondial. Affaiblie, l’administration Bush a cédé à l’appel de l’Union Européenne ; l’Amérique devrait finalement s’asseoir prochainement à la même table que les autres grandes puissances pour une série de sommets consacrés au système économique de demain. Que l’on aboutisse ou non à un nouveau Bretton Woods, les tractations diplomatiques actuelles sont de bonnes augures : elles consacrent un vrai retour de l’Europe sur la scène internationale et ouvrent la voie à une redéfinition de nos relations avec les États-Unis.
dimanche 19 octobre 2008
Les yeux rivés sur les Etats-Unis
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mercredi 17 septembre 2008
Agriculture : l’Europe se doit d’être ambitieuse
L’Auvergne était placée mardi sous les feux de l’actualité. Le succès de la grande manifestation organisée dans les rues de Clermont-Ferrand par plusieurs syndicats paysans vient de rappeler utilement à la France et à l’Europe les dangers qui planent aujourd’hui sur le milieu agricole. FNSEA et Jeunes Agriculteurs (JA) en tête, les organisations participantes peuvent déjà savourer le succès apparent de « l’Appel de Clermont » ; le jour même du défilé, le ministre de l’agriculture et de la pêche Michel Barnier promettait de taper du poing sur la table en Conseil des Ministres tout en exprimant sa volonté de recevoir très prochainement des représentants d’un monde agricole excédé et anxieux face à la baisse des revenus qui l’afflige. La date du 15 septembre n’avait pas été choisie au hasard puisqu’une rencontre à Annecy des vingt-sept ministres européens est programmée la semaine prochaine. Les éleveurs attendent qu’un bilan objectif de la PAC soit dressé à cette occasion mais surtout que les gouvernements Européens décident ensemble d’un rééquilibrage salvateur des aides versées.
Région fortement rurale, l’Auvergne est en droit d’espérer de l’Europe une main tendue et un signe clair de la volonté communautaire de soutenir l’agriculture au plus fort de la crise. Les inquiétudes du secteur n’ont cessé de croître depuis que le budget alloué à la PAC a été revu à la baisse et que les protections octroyées par « prix-garantis » se sont marginalisées. La France connaît aujourd’hui les inconvénients de l’élargissement massif des années 2004-2007 après avoir elle-même profité des décennies durant des bienfaits de la politique commune en ce domaine.
À l’heure où les difficultés s’accroissent dans les États qui, comme le notre, voient leur secteur primaire s’essouffler, l’antenne Auvergne du Parti Fédéraliste encourage l’Union européenne à se montrer à la fois créative et ambitieuse pour redonner à la PAC ses vertus originelles : développer l’agriculture, stabiliser les revenus des exploitants tout en permettant d’afficher sur les marchés des prix défiant la concurrence internationale. L’équation apparaît périlleuse : la résoudre est pourtant un défi que se doivent de relever les Vingt-Sept.
Région fortement rurale, l’Auvergne est en droit d’espérer de l’Europe une main tendue et un signe clair de la volonté communautaire de soutenir l’agriculture au plus fort de la crise. Les inquiétudes du secteur n’ont cessé de croître depuis que le budget alloué à la PAC a été revu à la baisse et que les protections octroyées par « prix-garantis » se sont marginalisées. La France connaît aujourd’hui les inconvénients de l’élargissement massif des années 2004-2007 après avoir elle-même profité des décennies durant des bienfaits de la politique commune en ce domaine.
À l’heure où les difficultés s’accroissent dans les États qui, comme le notre, voient leur secteur primaire s’essouffler, l’antenne Auvergne du Parti Fédéraliste encourage l’Union européenne à se montrer à la fois créative et ambitieuse pour redonner à la PAC ses vertus originelles : développer l’agriculture, stabiliser les revenus des exploitants tout en permettant d’afficher sur les marchés des prix défiant la concurrence internationale. L’équation apparaît périlleuse : la résoudre est pourtant un défi que se doivent de relever les Vingt-Sept.
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